Déni et Dénégation

Déni (Verleugnung) :

 

« Mode de défense consistant en un refus par le sujet de reconnaître la réalité d’une perception traumatisante. »

 

Le déni porte sur la réalité extérieure et donc, par opposition au refoulement, peut être le premier temps de la psychose.

C’est un mécanisme originaire de défense à l’égard de la réalité extérieure.

Le névrosé commence par refouler les exigences pulsionnelles du Ça.

Le psychotique commence par dénier la réalité perceptive.

 

Dans le langage juridique on parle de déni lorsqu’il y a un refus de ce qui est dû : déni de justice, d’aliments, d’écoute, de parole…

Le maintien ou l’escalade dans le mensonge face à un enquêteur ou un juge n’est pas un déni au sens propre : pour qu’il y ait déni il faut que le sujet lui-même soit persuadé qu’il dit la vérité, il faut qu’il y ait conviction, c’est-à-dire que le sujet se mente à lui-même.

Par exemple : « Je n’ai jamais eu de compte en Suisse » = mensonge face à l’enquêteur.

« Ma mère ne m’a jamais aimé » = déni face à l’analyste.

 

Dans le refoulement, le sujet rejette une réalité qu’il a perçue, il ne veut rien en savoir.

Dans le déni les choses se passent comme si cette réalité n’existait pas : elle est rejetée a priori car impensable. C’est beaucoup plus radical et primitif.

 

« La névrose ne dénie pas la réalité, elle veut seulement ne rien savoir d’elle.

La psychose la dénie et cherche à la remplacer. »

 

Le déni est une défense archaïque, alors que le refoulement est une défense assez élaborée.

 

Le refoulement ne supprime pas l’affect : il le déplace.

Le déni n’efface pas la représentation : il rend indécidable sa signification.

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Dénégation (Verneinung) :

 

« Processus par lequel le sujet, tout en formulant un de ses désirs, pensées, sentiments, jusqu’ici refoulé, continue à s’en défendre en niant qu’il lui appartienne. »

 

La prise de conscience du refoulé se signale souvent, dans la cure, par la dénégation :

« Vous allez sûrement penser que… mais je n’ai pas du tout cette intention. »

« Je n’ai pas pensé cela. »

« Je n’ai jamais pensé à cela. »

« Je vois une femme s’avancer vers moi dans mon rêve. Ce n’est pas ma mère. »

 

La dénégation est un moment-clef, un index signalant l’instant où une idée ou un désir inconscients commencent à resurgir dans la cure et où il faut à tout prix les rejeter.

 

« La dénégation est une levée du refoulement sans acceptation du refoulé. »

 

Elle signifie : « Je voudrais que ce ne soit pas ! »

C’est une sorte d’aveu.